arbustes du jardin de La Rose Verte

jeudi 20 août 2015

Résistance

Deuxième quinzaine du mois d'août, l'un des pires moments au Jardin de la Rose Verte. Selon leur nature et leur caractère, les jardiniers d'ici , maugréent, se désespèrent ou courbent le dos en attendant que ça passe et profitent de ce qu'il reste pour s'émerveiller. Ceux qui me connaissent un peu savent dans quelle catégorie me situer... Reste qu'il fait sec et bien chaud de nouveau et que lorsque j'ai fini d'arroser pour que rien ne meure, je n'ai guère de temps de faire autre chose.

Les dernières acquises s'en sont bien sorties


 Il y a cependant une catégorie de plantes qui résistent assez bien en ces moments difficiles: les xérophytes, celles qui ne se plaisent qu'en terrain sec et très bien drainé.
soleil du matin et bassinage ... non, non, ce ne sont pas des bonsaïs mais si les succulentes savent stocker l'eau , il faut quand même qu'elles en trouvent un minimum pour pouvoir le faire ! 

Ce terrain là, nous l'avons en magasin mais certaines d'entre elles comme les Aloe dont j'avais une assez belle collection ne supportent pas le plein soleil et la réverbération, certaines viennent de tirer leur révérence sans tambour ni trompette et j'ai du changer tous les pots de place en catastrophe.

les Aloe rescapées à l'ombre légère du cerisier pleureur... il me reste un tiers à peine de ma collection maximale.

Je ne parle pas des Crassula qui craignent souvent et le trop chaud et le trop froid, celles-ci , je l'avoue sans honte sont traitées en annuelles sauf si leurs tailles restreintes leur permettent d'être gentiment rentrées à l'intérieur de la maison.
Il fut un temps où je rentrais courageusement ma cinquantaine de pots hors gel dans l'abri de jardin mais depuis l'hiver 2012 où cela n'a pas suffit pour éviter des pertes assez importantes, je suis devenue bien raisonnable. Il y a aussi bien sûr quelques cactus par ci, par là mais ce n'est vraiment pas ma tasse de thé, beaucoup trop piquants pour moi, tout comme les agaves qui sont réellement dangereuses et dont j'ai délégué les soins à qui les aime.

Mix de bouture d'Aeonium dont l'Aonium Kiwi (cadeau que je garde avec soin) 

Certaines succulentes m'accompagnent depuis fort longtemps comme certains Sedum ou Tradescentia qui repartent de la souche quand on s'y attend le moins; j'ai offert les Aeonium qui deviennent vraiment trop gros , je me régale cette année des Haworthia et des Cotyledon , Seneçon et de bien d'autres qui vivent là tout à fait incognito, pour une saison, ou deux ou plusieurs années... je rentre parfois simplement des boutures qui souvent sont très faciles à réussir.


la très classique et gélive Crassula ovata variegata
Certaines sont en pot, d'autres en rocailles, d'autres en jardinières dans du gravier.

La très fidèle Tradescentia sillamontana qui sèche entièrement à l'automne, protège ainsi sa souche et repart de plus belle au printemps! 



Si par hasard, vous en reconnaissez que je n'ai pas nommées, n'hésitez pas à m'éclairer.

Pas très sûre mais je dirais Cotyledon tomentosa en voyant les restes de la  fleur 



Impossible souvent de savoir à qui on a vraiment affaire quand on achète non étiqueté et à un prix inférieur parfois à celui que vaudrait l'étiquette; mes voisins espagnols adorent ces plantes et en offrent en promotion (oferta en catalan) à un prix tel que ce serait criminel de se priver de leurs étranges beautés.
l'étrange Gasteria armonstrongii, aux feuilles en forme de langues
Sa cousine la Gasteria bicolor ou peut-être verrucosa ( j'ai souvent des doutes...)


Haworthia limifolia (oh celles là, je les aime beaucoup, je ferai un article juste pour elles... j'en cultive quelques autres, parfois très différentes)
la Peperomia 'Silver Spark' ( ses fleurs très étranges sont aussi très cassantes, j'attends avec impatience le printemps prochain! )
le superbe Andromischus cooperi


Oh, mais je m'aperçois que je ne vous en ai montré que quelques unes, je m'occupe finalement sans m'en rendre compte de beaucoup de succulentes... vous en serez quittes pour un deuxième billet!

Je n'ai pas pu m'empêcher d'ajouter la Crassula capitella thyrisiflora (comment ce sont des noms imprononçables et que l'on ne peut retenir! ... et encore celui-ci est incomplet... mais il faut bien s'y retrouver... il y en a tellement! ) , elle va fleurir, ce sera ravissant... je vous montrerai la floraison la prochaine fois! 

Un petit tour d'horizon en images, au frais et bien installés devant votre écran.
Sincèrement aujourd'hui comme depuis plusieurs semaines, vous n'auriez rien gagné à m'accompagner les découvrir au jardin!
Allez, les nuits commencent à être fraîches , les poiriers croulent sous les fruits... le pire est probablement passé!

jeudi 16 juillet 2015

Changement

Changement... Je mets le mot au singulier, même s'il va affecter de nombreux domaines dont le jardin parmi tant d'autres. J'aurais même pu écrire bouleversement tant la mise en place de décisions mûrement réfléchies va changer totalement ma façon de vivre et aussi de jardiner.
Je n'ai pas investi ce blog depuis longtemps, je passe de moins en moins de temps dans la virtualité et il fallait choisir, j'étais jusqu'alors plus présente sur les réseaux sociaux.
Mon plaisir d'écrire me pousse à revenir ici vous raconter ce que je vis au jardin... juste au jardin.
Celui-ci est en pleine adolescence, 15 ans à peine et moi je débute la dernière partie de ma vie.
Le temps qui passe n'est pas clément pour le jardinier et celui qui me reste m'est bien trop précieux pour le perdre à me plaindre.
Je ne fais plus les mêmes choses et surtout je ne les fais plus de la même façon.
Nous sommes au coeur de l'été, 36° à l'ombre hier, un peu moins aujourd'hui mais il paraît que les éléments se confondent et que l'air se transmue en feu... je ne vais qu'en rire et irai au jardin quand même, j'ai appris à très bien supporter la chaleur. Je travaillerai à l'ombre tout le temps avec quelques incursions minutées au soleil et boirai beaucoup d'eau et ce qui est à faire se fera.
Mes attentes au jardin se sont modifiées, j'ai revu à la baisse tous mes projets, je cherche par tous les moyens à y faire le moins possible pour en obtenir le plus d'agrément possible.
Je m'escrime surtout à aboutir, à nettoyer, à fignoler, à obtenir un rendu maximum.
J'ajoute beaucoup moins de végétaux que je n'en supprime, je deviens très exigeante... j'avoue avoir été toujours très ambitieuse et difficile, mais là , pour être planté au jardin et le rester , il faut rentrer exactement dans le cahier des charges.
Les coups de coeur, les achats compulsifs sont terminés depuis longtemps, il m'en reste quelques souvenirs qui me gênent un peu aux entournures. Ici la moindre inconséquence se paye le prix fort, je dois réfléchir le quoi, le quand, le où et le comment ! Si, si ...même pour les rosiers qui seront de toutes façons les plus nombreux et jusqu'au bout. Je commence déjà à me lasser de leur trouver des associées... ces vivaces qui demandent tant de travail pour la plupart... ces annuelles qui sont si gourmandes en eau. Le Jardin de la Rose Verte est devenu peu à peu un jardin de roses et le sera de plus en plus... tant qu'il y aura de la place et que j'aurai l'envie de tel ou tel rosier.
Cependant, pour l'instant, j'ai bloqué tout achat de végétaux, je veux que l'état de ceux qui sont déjà plantés soit à la hauteur de mes espérances et de la responsabilité que j'endosse à chaque fois que je les achète.
Beaucoup des arbustes, des rosiers, des arbres bien sûr, du jardin, ont une histoire. Nous avions pris l'habitude de ces 'virées horticoles' qui nous faisaient parcourir tellement de kilomètres pour trouver tel ou tel cultivar.
C'est encore d'actualité mais seulement lorsque l'un de nos pensionnaires nous lâche, fin de vie ou maladie, ou nous déçoit tellement que nous renonçons à le cultiver.
Ainsi un sumac lacinié qui végétait depuis une dizaine d'années mais qui arraché (mal sans doute!), ne se prive vraiment pas de rejeter ! Un Althea aussi qui déplacé deux fois n'arrive toujours pas à fleurir correctement, dévoré de pucerons et boutons secs avant de s'ouvrir, choisi sans doute avec pas assez de soin... il y en a de nombreux autres sur le terrain qui sont magnifiques.
J'ai l'habitude quand je décide de planter un arbuste à fleurs , de le choisir fleuri justement, pas d'erreur d'étiquetage possible, pas de photos trompeuses.
Toute cette scène aura disparu en décembre 2015, les cyprès trop vieux vont être abattus.
Pour remplacer le sumac, nous voulions un Lagerstroemia et pour l'Althea ... tout simplement un autre Althea mais pas n'importe lequel!
Je cultive déjà, depuis presque 10 ans, un Lagerstroemia, acheté comme mauve pâle ( selon la photo de l'étiquette) , sa première floraison, deux ans après fut rose soutenue. Je l'appelais alors Lilas des Indes et avait découvert sa simple existence dans le Tarn où nous passions nos vacances. Je faisais mes classes en quelque sorte.
Entre le mauve délicat que j'avais rêvé et ce rose tonitruant, il y a de la marge ! une erreur que je n'ai pas refaite! 
Cette fois-ci , autre chanson, je voulais un Lagerstroemia blanc et uniquement le cultivar 'Neige d'Eté', celui qui selon moi était incontournable! Pour l'Althea, je le voulais double ... simplement!
Nous sommes donc parti à Albi, avons renoué nos souvenirs, redécouvert la grande pépinière où nous avions acheté le premier et n'avons pas trouvé le beau 'Neige d'Eté'. Par contre, il y avait là , un Althea 'Lavender Chiffon', j'ai planté toute la série ou presque des 'Chiffon', le White, le Pink, le Blue...celui-là offre des fleurs aussi délicates et aériennes que les autres et sa couleur m'a beaucoup plu.
De l'élégance et de la tendresse! 
Pour le Lagerstroemia , il a fallu aller jusqu'à Toulouse mais les plants étaient tellement bon marché que nous nous en sommes offerts deux ! Sur un fond de Cotinus et de Physocarpus... l'été comme l'automne sera un enchantement.
Pas bien grand mais il n'en reprendra que mieux, l'impatience au jardin comme ailleurs est toujours mauvaise conseillère! 
Je vais planter l'Althea tout de suite, malgré la chaleur, c'est un végétal accommodant et son pot est trop petit pour attendre. Les deux autres seront plantés à l'automne, quand le sumac se sera vraiment décidé à laisser la place... je vais aller passer l'écofourche et lancer un faux semis, qu'il rejette, je l'attends de pied ferme!
Bien sûr, je vais arroser aussi mais ça, c'est tous les jours et tout l'été... à chacun son tour, surtout pour les jeunes recrues; les autres se sont adaptées et se sont mis en dormance.
Enfin, vous voyez, je suis toujours au jardin et je plante encore parfois mais c'est la façon de le faire qui a changé. Ce sont les mêmes acteurs, dans le même théâtre mais c'est la pièce qui a changé et nous n'en sommes heureusement qu'au premier acte!
Fleurs blanc pur, feuillage vert foncé aux nervures et boutons rouges, parure d'automne flamboyante et bois très blanc eu hiver ... une merveille!

dimanche 15 mars 2015

Fin de projet , commencement d'un autre.

Tout d'abord préciser que cet article n'est en rien entaché de tristesse ou de regrets. Quand je fais un choix, je n'ai jamais de remords. Depuis quelques années , je m'essouffle au jardin et même ailleurs, les ans en sont la cause, c'est simplement un peu compliqué à gérer parce que dans ma tête rien ne change!
Je m'en reviens comme souvent le samedi de courses horticoles et n'en ai rapporté aucune plante, de la pâtée aux oeufs pour soutenir les premières nichées au jardin et du stimulant racinaire pour aider à la reprise des plantes que nous déplaçons suite à la décision d'abattage de trop vieux cyprès.
Je cherchais un livre aussi, que je n'ai pas trouvé mais rien ne presse, qui pourrait m'aider à gérer les semis spontanés du jardin et son évolution naturelle en quelque sorte.
Parce qu'en fait l'idée est bien celle là, je n'ajoute plus rien, je laisse partir ce qui doit mourir sans renouveler quoi que ce soit, je gère seulement ce qui est prévu de longue date et les cadeaux plus ou moins souhaités de mes proches, de mes amis... parce qu'entre jardiniers, on ne peut s'empêcher d'échanger ou de simplement donner... notre générosité verte est légendaire!
J'ai participé deux ans de suite au Seeds of Love que je vous ai présenté dans les articles précédents et je pense continuer mais de manière très orientée! Je n'essaierai de gagner, puisqu'il s'agit d'un jeu que des annuelles et de celles qui se sèment en pleine terre ... à la volée ou en poquets mais qui ne représentent que très peu d'efforts et savent se débrouiller toutes seules.
Cette année, j'ai beaucoup de vivaces et de bisannuelles à semer, à chaud, à froid, en mini-serre, sous châssis, en terrines, en pot et en pleine terre... il m'en restera même quelques unes à gérer cet automne et puis s'en sera fini de tous ces efforts.
Certaines d'entre elles m'accompagneront au jardin durant ... quelque temps, la vie est facétieuse et je n'ai pas l'habitude de tabler sur l'avenir mais sur le présent. Certaines se ressèmeront d'autres pas.
J'ai décidé de profiter de mon jardin, en m'y investissant très différemment, je pense en quelque sorte non pas le précéder mais le suivre, je vais lui proposer un certain nombre de végétaux et il en fera ce qu'il voudra... sous ma surveillance. Je le connais bien, il a besoin d'être très sérieusement tenu en laisse. Les indésirables, les miennes du moins, le resteront et je sais qu'il va m'en refuser beaucoup d'autres! Mais c'est ainsi.
Je table sur les arbres, les arbustes, les rosiers, les bambous déjà plantés, les haies déjà mises en place, les chemins et les massifs déjà ébauchés pour maintenir une solide structure et pour le reste, je vais m'octroyer le meilleur aide- jardinier qui soit, la Nature!
Je vais continuer de tailler, d'engraisser, d'arroser, je ferai un peu la police, je maintiendrai certains endroits très nets pour que la liberté des autres en soit plus triomphante et ... c'est à peu près tout.

La vue a bien changé, l'acacia du fond et le pommier à gauche sont morts, un frêne et de nombreux rosiers et graminées ont été plantés, il y a beaucoup moins de prairie et si le chemin est plus large, il n'est guère plus soigné (séquelles de travaux): jardiner c'est évoluer, tout le temps! 


D'ailleurs, pour essayer mon nouveau sécateur, la Rolls des sécateurs ( enfin on verra à l'usage) , j'ai taillé nos vingt-cinq pieds de vigne, raisins de table bien sûr et du 'Cardinal' essentiellement, les ceps ont plus de 30 ans et eux aussi sont un peu fatigués. J'ai réalisé une taille drastique pour tenter de régénérer un peu l'ensemble.

Hier, alors que je taillais, je me suis aperçue que la vigne débourrait en bout de sarment, elle a 15 jours d'avance. Elle va pleurer un peu mais cela lavera bien les plaies de taille et les températures encore basses le matin vont stopper tout ça.

Je tremblais dans mes bottes quand j'ai avoué ce forfait à celui qui les a plantés. Mais à grande surprise, il m'a félicitée et a ajouté qu'il était dommage d'avoir tant de pieds d'une seule variété et qu'une fructification étalée sur l'été serait bien plus avantageuse.


Si la vigne ouvre ses bourgeons en général début avril, le processus de floraison que l'on peut voir dès la première photo, se déroule sur les mois d'avril et de mai et commence bien sûr par la mise en végétation de nouvelles pousses très véloces. 

Il suffisait d'arracher les décatis et de les remplacer par diverses variétés... d'ailleurs le muscat 'Alphonse Lavallée' le tentait bien!


Trois ceps poussaient isolés sur une sorte de trépied, un 'Dattier de Beyrouth' , un muscat 'Italia' et un chasselas doré , deux jeunes recrues et le dernier représentant de la première implantation 'Espérance', don d'une viticultrice nommé de même . Ici c'est la fleur du muscat 'Italia' . Les trois ont été replacés ce printemps avec les autres pour bénéficier d'une meilleure exposition. 

Planter, encore planter... je connais bien cette chanson, j'ai déchaussé mes bottes en maugréant que j'avais un bon livre sur les variétés de vignes et que je consentirai peut-être à m'agenouiller pour placer symboliquement les nouveaux ceps dans les trous déjà faits , qui seraient refermés par d'autres que moi.

Silence gêné... je suis partie, l'âme en paix et le coeur au repos me préparer un bon thé bien chaud.

C'est quand que l'on plante la vigne ?...Oh, je ne sais pas... tu t'en souviens toi ???

lundi 16 février 2015

Graines de rêves

Je reprends non pas la plume, ni même le stylo, puisque je dois bien me contenter d'un clavier , ce n'est pas ce que je préfère mais il est bien évident que c'est pour moi la seule façon d'être un peu lue et j'ai des choses à dire... oui , cela m'a souvent desservie mais c'est comme ça!
Je viens de participer à un jeu entre jardiniers, le Seeds of Love, le SOl comme on l'appelle, je vous en parlerai dans un de mes prochains articles, mais parmi ceux qui survoleront intrigués ces lignes, la majorité viendra probablement d'y jouer aussi.
Ceux qui ont gagné mes graines, ont reçu en outre quelques petites étoiles, dorées ou argentées, facétie sans doute, d'une déjà fatiguée qui retombe en enfance.
J'avoue l'âge, j'avoue la fatigue mais ma tête va bien et de mon enfance , je n'ai gardé que quelques aptitudes solidement ancrées. Ainsi ces petites étoiles glissées dans mes enveloppes, sont des graines de rêves.
Dans mon précédent article, je donnais quelques pistes pour faire pousser les graines que vous aviez gagnées, mais ce soir, il s'agit de bien autre chose. Qu'allez -vous faire mes amis jardiniers, de vos graines de rêves... Où sont-elles à présent? Dorment-elles encore dans l'enveloppe, ont-elles atterri d'une pichenette dans votre corbeille à papier ? Elles sont probablement déjà oubliées.
C'est dommage, je vous les avais données pour que vous les semiez... pas au jardin, elles n'ont pas besoin de terreau, ni de serre chaude ou froide... c'est à vous de décider, c'est à vous d'inventer la technique de germination !
J'en sais quelque chose puisque depuis toute petite, ce sont elles dont je m'occupe le plus, ce sont elles que je cultive avec le plus de passion!
C'est à la fois très facile et très complexe, cela dépend de ce que l'on attend de sa vie, celle de jardinier et toutes les autres.
J'ai rêvé de jardins et cela m'arrive encore puisque ce sont ces rêves là dont je viens ici le plus souvent vous parler mais je rêve de toutes sortes de choses et je fais les projets qui vont avec.
Non, parce qu'un rêve qui ne reste qu'un rêve, c'est d'un triste! J'ai très vite su la différence entre un rêve stérile qui ne débouchait que sur un tourment de plus et les autres, ceux qui vous grandissent et vous font déployer vos ailes. N'ayez crainte, les anges ne vont pas encore débarquer!
J'ai toute ma tête, vous dis-je !
En bon jardinier, examinez vos graines de rêves, certaines ne germeront pas, il leur faut des conditions de germination que vous ne pouvez leur offrir et nous le savons bien, ces petites étoiles là, ne resteront que des étoiles, comme celles de nos ciels d'été, si lointaines, si froides qu'elles nous séduisent tout en nous effrayant un peu, nous ne pouvons les atteindre et le savons très bien. Ce lot là est stérile. N'y accordez pas trop d'attention, cela fait partie de notre jeu quotidien, c'est sur les autres qu'il vous faut, eh bien, rêver...
Rêver, c'est imaginer, c'est se délecter de mille merveilles, c'est avoir des étoiles plein les yeux... mais cela ne suffit pas, il faut passer à l'action, désirer n'est pas vouloir, il faut trouver des moyens, des chemins qui ne sont parfois que de longs sentiers ombreux sur tapis d'herbes folles.
Pour réaliser certains de mes rêves, il ne m'a fallut, petite fille, que quelques mois, qui me paraissaient très longs d'ailleurs, vous vous souvenez ? mais si... d'un Noël à l'autre!
Mais d'autres se sont étirés sur des dizaines d'années, j'ai même du en abandonner quelques uns, mes choix de vie m'en ayant trop éloignée.
C'est qu'il faut bien rester concentré sur le but à atteindre et les directions à prendre, il y a de nombreuses clairières, il est aisé de se perdre, et plus le rêve est haut et plus le sentier est contourné, imprévisible et ... fatiguant. Oui, il est des soirs et même des matins où l'on poserait bien son rêve sur le premier banc venu, ne faites pas ça! A peine abandonné, quelqu'un d'autre le reprendra à votre place et il ne restera rien de vos efforts.
J'ai eu de la chance, j'en ai toujours ou du moins c'est que l'on dit de moi, très souvent.
Ce n'est pas de la chance: un rêve se porte à bout de bras, il vous exténue et vous brise mais si jamais vous n'y renoncez, si inexorablement vous le transformez en projet, si vous lui donnez les moyens de prendre corps, si vous lui accordez l'énergie, la ténacité et un doigt d'obstination peut-être, il illuminera votre vie;
Comme je suis une invétérée prétentieuse, j'ai rêvé beaucoup, sans ne me donner de limites que l'évident inaccessible et comme je suis très ... on dira... déterminée, j'ai réalisé les rêves dont j'avais besoin.
C'est tout le mal que je vous souhaite, j'ai glissé le meilleur et le pire, dans vos enveloppes! Qu'y a-t-il de plus terrifiant qu'un rêve dans nos petites vies bien réglées ?
C'est que cela vous bouleverse, vous chamboule, vous exténue, à trop rêver on n'en dort plus!
Je suis tout à fait consciente d'avoir fait une grosse bêtise en vous emmenant sur ce terrain là, mais c'est que j'ai confiance en vous, vous me paraissez déjà souvent, avoir la tête dans les étoiles, sinon vous ne seriez pas jardiniers!
Peut-être serez vous portés à me dire ce que deviennent mes graines de rêves et ce que vous en avez fait ou ce que vous comptez en faire ou ... que vous n'avez rien à en faire peut-être aussi ?
Je serai toujours intéressée, d'autant que malgré mon trop d'années: je suis encore là, à vous écrire, si ce n'est pas de la chance, ça ? Il me semble à moi, plutôt que même pour ça, il m'a fallut rêver très fort!
En tout cas, depuis quelques jours, je me suis souvenue d'un de mes rêves, d'il y a, très longtemps. J'étais au collège et sur le mur de ma chambre devant la petite table qui me servait de bureau, j'avais punaisé trois photos, trois rêves.
J'en ai réalisé deux, l'un était un grand jardin, un peu sauvage, j'y marche tous les jours! l'autre... a souvent tourné au cauchemar, je ne vous en parlerai pas, ce n'était pas une bonne graine, le plant a courbé la tête et je m'en suis détournée.
La troisième photo m'est revenue en mémoire et j'en suis obsédée, c'est mon dernier rêve en cours: flambant neuf, ambitieux mais pas inaccessible, je vous tiendrai au courant!
Faites de même si vous voulez!


                                         




lundi 2 février 2015

Que semer, où et quand ? (Suite du SOL 2015)

Je viens de finir cet article qui aurait du être posté bien plus tôt... j'ai eu bien du mal à prendre le SOL en route... on ne m'y reprendra plus!  

                                                                   Cobée (Cobea scandens) 

Annuelle grimpante à palisser sur un treillage ou un grillage (s'accroche avec des vrilles et peut mesurer 6 à 8 m de long)

1) En février- mars: semer en caissette, sous- abri chauffé à 20, 25° , dans un substrat drainant, graines sur la tranche (faire tremper une nuit), la levée dure une quinzaine de jour. Bien maintenir au chaud mais aussi à la lumière. Repiquer en pot individuel et les endurcir à partir d'avril à 15 °, mettre en place dès que les gelées ne sont plus à craindre.

2) En avril- juin: directement en place dans les zones qui ont un été précoce et chaud.

Cette plante a un cycle de végétation long , il faut la semer le plus tôt possible.

La floraison intervient assez tard, au plus tôt en août, il lui faut de la lumière et de la chaleur, c'est une gourmande (attention quand même si trop d'azote, vous n'aurez que des feuilles... utilisez un engrais à tomate avec du phosphore et de la potasse ) et elle aime l'eau aussi! Paillez le sol pour qu'il reste humide.
La souche gèle à -5°.

Godetia double à fleurs d'azalée

Plante à développement rapide,  coloris multiples. Facile à réussir. J'y suis même arrivée, c'est dire!Attention n'aime pas le plein vent (tiges cassantes).
Semis de mars à juin directement en place, floraison de juin à octobre... en échelonnant les semis vous aurez une floraison prolongée. Eclaircir à 25 cm en tous sens.
Ne pas trop arroser, semer en sol drainant de préférence. Peut être utilisé en pot, jardinière et pleine terre.
Des petites fleurs très romantiques, avec des couleurs douces qui méritent bien leur nom de fleurs de satin.


Giroflée à grande fleur double variée

Plante de 30 cm de hauteur, épis floraux blancs, roses ou mauves, très serrés et très odorants. 
A semer en tous sols secs et drainés, au soleil. 

1) Semis de février à mars sous abri froid, repiquer quand les plants ont atteint 5 cm en maintenant 30 cm d'écartement.
Cette méthode permet d'obtenir une végétation plus abondante et une floraison plus précoce.

2) Semis d'avril à mai , en pleine terre, sur l'emplacement définitif, éclaircir à 30 cm d'écartement.
La levée est optimum quand la température est de 18 à 22 ° C.

Floraison de juin à septembre mais en climat doux, j'en mets un pied ou deux en pot ou jardinière, au début de l'automne et elles passent l'hiver sans encombre, sans arrêter de fleurir mais il n'y a guère de gelées ici.


                                                                    Ipomée volubilis ' Carnevale di Venezia

Plante annuelle grimpante , 2 m de haut environ, pas très envahissant mais très délicat avec toutes sortes de petites fleurs colorées différemment sur le même pied. Floraison de juin à octobre.

1) Semis en godets sous abri (mars-avril)

2) Semis en pleine terre, directement en place , sélectionner les pieds les plus forts. (avril -juin)
Je fais tremper les graines toute une nuit avant de semer, la germination est plus rapide. 

En ce qui me concerne, en climat doux, je sème les ipomées en pleine terre dès que la terre est un peu réchauffée (entre 15 et 20° C dans la journée) et par vagues successives jusqu'à mi-juin, cela me permet d'avoir des floraisons échelonnées de juillet à novembre et de pouvoir récolter de nombreuses graines, j'obtiens parfois de beaux hybrides en mélangeant toutes sortes de variétés. 

                                                                      Lupin annuel 'Sunrise'  (Lupinus cruckshankii) 
Plante annuelle de 1m de haut environ, très parfumé, exposition soleil ou mi-ombre, sol humide mais drainant. 
Semis très simple de mars à mai, directement en place, à 6 mm de profondeur dans un sol assez riche et bien décompacté. Il met cependant près de trois semaines à lever, bien maintenir humide et comme toutes les grosses graines, je fais tremper une nuit avant de semer. 

Molucelle d'Irlande ( Molucella laevis)
Plante annuelle de 60 cm de haut, peut s'utiliser en bouquet frais ou sec.
Aime les sols frais , bien drainés et décompactés.

1) semis sous abri en mars -avril

2) semis en pleine terre directement en place en avril-juin

Cette plante a besoin de stratification: au moins deux semaines au froid. Semis à 15°C environ, après une nuit de trempage en eau tiède, germination lente, au moins un mois. Elle doit être repiquée dès que possible avec un espacement d'au moins 20 cm.
Enfin très séduisante mais un rien capricieuse. Bon courage!!

Devinez qui a divinement raté ses semis l'année dernière, je n'en ai obtenu qu'un plant mais qui s'est en quelque sorte fossilisé et reste en fleurs depuis plusieurs mois... à mon avis les gelées qui arrivent auront raison de lui.

NB: je suis une grande débutante en semis et il est très difficile ici de semer en pleine terre en maintenant humide durant toute la longue germination. Elles seront probablement plus faciles à réussir, chez vous que chez moi... cela ne peut de toutes façons être pire!
 
Tabac d'ornement 'Citron Vert' ou ' Lime Green' ( Nicotiana affinis) 

Une plante annuelle de 60 cm de haut à la floraison précoce, dès le début de l'été. Elle aime le plein soleil mais tolèrera la mi-ombre quand même . Elle aime un sol riche en humus, frais et profond... enfin tout ce que je n'ai pas dans mon jardin. Si j'ai partagé avec vous quelques sachets de ses graines, c'est un peu pour me consoler d'être si limitée dans le choix de mes plantations, je serai si heureuse de les découvrir , magnifiques dans vos jardins!  

1) février-mars: semis sous abri à 18 ° C, germination en 10 semaines, les graines sont très fines donc il vaut mieux les mélanger avec une poignée de sable de manière à ne pas semer trop serré. Il faut commencer les semis 4 à 8 semaines avant les dernières gelées; les graines ne doivent pas être recouvertes de terre mais simplement posées en surface puis pressées soigneusement pour bien adhérer au substrat, arroser par vaporisation. Il faudra sélectionner les plus beaux plants dès qu'ils auront deux paires de feuilles et éclaircir.  On ne les mettra en place qu'en avril-mai lorsque les gelées seront tout à fait écartées. Le tabac n'est rustique que jusqu'à 5° C. 

2) avril-mai: semis directement en place


Voilà, j'ai terminé cet article qui pourrait être bien plus riche encore d'informations, le monde des semis est passionnant et foisonnant de méthodes, de conseils , de mises en garde, il faut aussi peut-être se fier à son instinct ou à ses habitudes lorsque l'on est devenu un semeur chevronné.
Je vous souhaite beaucoup de chance et de réussite dans vos semis, un beau printemps à venir et un été merveilleusement fleuri! 


dimanche 4 janvier 2015

Sol 2015

Seeds of Love 2015 

Bonne année à tout le monde! Je suis en retard, pour ça et pour cet article , alors pas de fioriture!
Je suis très contente de jouer avec vous, une petite liste mais certaines sont mignonnes... des quantités suffisantes pour jouer mais pas tant, dont très peu pour l'une des plantes et je ne vous dirai pas laquelle... rires sardoniques! C'est comme au poker quoi... ou à la roulette! c'est un jeu avec toute l'excitation et le plaisir que cela suppose. Beaucoup espèreront et certains seulement jubileront à l'issu de mes tirages au sort ! Cette année , j'ai bien compris comment ça marche! 

Liste des graines proposées:

1) Cobée bleue ( Cobaea scandens) 
(photo importée du net)

2) Godetia  Clarkia  amoena fleurs d'azalée ( double varié) 

(photo importée du net)

3) Matthiola incana Giroflée de Nice 


4) Ipomea purpurea  ipomée volubilis 'Carnevale di Venezia' 


5) Lupinus cruckshankii  Lupin annuel 'Sunrise' 



(photo importée du net)


6) Molucella laevis  Molucelle Clochettes d'Irlande


 ( photo importée du net)

7) Nicotiana affinis Tabac d'ornement 'Citron Vert'

(photo importée du net) 

                                                                                                                                                                  Bon voilà liste terminée, j'espère que certaines vous plairont, je vous remercie d'avoir parcouru cet  article , vous souhaite toute la chance possible et beaucoup d'agréables moments durant ce SOL 2015
Grand merci à Isabelle de l'avoir organisé!        

Voilà la liste des gagnants:  

2 - 4 - 9 - 10 - 12 - 13 - 20 - 23 - 26 - 29 - 35 - 41 - 42 - 44 - 45- 47 - 48 - 49 - 53 - 60 - 61 - 62 - 66 - 68- 71- 72- 87 - 91 - 92 - 97 - 102 - 108 - 115

J'ai adoré participer à ce SOL qui m'a souvent remonté le moral dans ces moments difficiles, je vous remercie de votre gentillesse, de votre joie de vivre, de votre humour , de votre amitié tout simplement!  






mercredi 3 décembre 2014

Ah la vie n’est pas simple…



Surtout je trouve que la gérer via l’informatique me convient de moins en moins, je me débats avec un nouvel ordinateur et pas de la même espèce que les précédents et puis j’ai vieilli , c’est sûr mais n’empêche que je vous dis que ça m’agace grave. 
Pourtant comment s’en passer… pour partager un petit bout de ma vie , un peu plus loin que la dernière maison du village. Village d’ailleurs bien mal relié à internet, nous resterons je le crains des citoyens de seconde zone pour le reste … de mon temps, ça c’est sûr! Après avoir vécu dans les commodités de la vie de banlieue parisienne, j’aurais bien aimé les emmener sans les inconvénients qui vont avec dans ma Catalogne d’amour, mon cher pays d’adoption.
Eh oui, je l’aime malgré les sautes d’humeur si brusques du climat , malgré le vent 4 jours sur 5, malgré la sécheresse incoercible, la pauvreté du sol, les pluies diluviennes.  
Justement le weekend passé, ça a chahuté dur, je n’avais vu, depuis 15 ans, tomber autant de pluie en si peu de temps, dégâts matériels très mineurs pour nous mais  dans la tête ça a chahuté dur.
Nous retrouvons peu à peu le bleu si profond de notre ciel, le petit frisson désagréable de la tramontane glacée dans le cou et le soleil présent presque tout l’hiver. 
Quittes pour la peur, certains ont été beaucoup moins chanceux que nous.
Il n’en reste pas moins que j’étais aidée et très bien, l’amitié était là, sans qui rien ne se construit, rien ne se surmonte.
J’avais reçu quelques jours auparavant un bouquet… d’une amie de loin. Un bouquet juste pour me rappeler son amitié, sa présence à mes côtés, même si nous ne nous voyons que très peu et échangeons justement par  internet régulièrement et par le téléphone aussi un peu moins. 
Pour les vraies amitiés, la fréquence des échanges importe assez peu, il y a un minimum bien sûr mais le sentiment qui unit deux amis est là, où ne l’est pas… et il suffit.
Durant tous ces jours difficiles, j’ai contemplé ce bouquet que je n’aurai pas choisi différent , ravissant et tendre et j’y ai puisé la force de faire face en restant très sereine.
Pourtant des bouquets, je n’en fais jamais avec les fleurs du jardin, je vais admirer les fleurs vivantes qui dansent dans le vent et cela me suffit mais j’ai un grand jardin fleuri maintenant cela n’a pas toujours été le cas!
Je suis restée de longues années en appartement sans les moyens de m’offrir , même une simple rose. Parfois il y avait un vase avec des glaïeuls ou des iris, des dahlias…, venus des jardins de mes parents. Mes enfants m’ont gâtée aussi … je n’ai pas oublié.
Depuis quinze ans, je reçois très régulièrement des bouquets que m’offre mon Amour, j’en ai souvent et régulièrement, des somptueux ou des tous simples, je les adore également et mesure ma chance!
Lorsque je vis un bonheur, quel qu’il soit, je le partage, il en est augmenté. 

Ainsi donc voilà cette délicieuse composition florale , témoignage d’amitié sincère et fidèle, qui m’a tant soutenue. Des mercis, on en dit jamais assez et souvent ils restent impuissants à décrire toute la joie que l’on ressent… que chaque photo ajoutée soit mille remerciements! 


Naturel et sophistiqué à la fois


                                Sur fond d'éléments très simples, la grâce des roses, la classe des orchidées

                                         



Le rose pimpant, le vert anis lumineux et gai. 



Dans la pénombre engendrée par les bruyants rideaux de pluie, ces beautés ont illuminé non seulement le séjour mais mon coeur aussi.